Réagir ou contacter

Vers le site en anglais (partiel)


« J’ai vécu mon séjour en Inde plus ou moins 3 fois ; l’avant, le pendant et l’après.


L’avant a été tinté d’angoisse mélangé à de l’excitation. Alors que les personnes qui m’entourent essayaient de me dissuader gentiment ; « tu es sûr ? » « C’est dur l’Inde et tu es hypersensible » etc.. Oui, j’étais sûr même si me retrouver au fin fond du Telangana m’effrayait légèrement, je savais que ce voyage serait riche. Je m’attendais à ce que ça ne soit pas facile tout les jours mais on grandit rarement avec la facilité.

 

Puis je suis arrivée à Bombay d’abord puis à Hyderabad où Marie Christine est gentiment venue me chercher (alors que ces deux filles et l’un de ses ami étaient souffrants) et tout s’est enchaîné vite, trop vite, pendant tout le long de mon séjour.


Marie-Christine m’explique alors la mission que je dois investir ; ma priorité est de prendre de faire un « reportage photo » qui lui servira pour une réunion qui aura lieu en Suisse début septembre. J’aiderais également les enfants handicapés à progresser dans différentes matières à l’école de Marica Kesaram.

 

Le premier soir de mon arrivée, à peine ai-je eu le temps de poser mon sac que je suis invitée chez l’une des maîtresses de l’école de Kesaram à passer la soirée. Premier choc culturel ; ils doivent être une dizaine à vivre ensemble dans la même demeure, un lit par famille (enfants, parents dorment ensemble) mais ce n’est pas la pauvreté qui me marque, c’est la vie qui y règne. La joie, l’organisation des membres de cette famille et le rire lorsqu’ils s’amusent à me déguiser avec une guitare et un chapeau…La fatigue, la chaleur et l’institutrice qui me donne à manger toute les 30 minutes me pèse mais m’amuse.

Le lendemain, premier jour d’école qui commence avec le trajet en bus pour récupérer les enfants dans leur village (environ 1h de trajet), mon reportage photo commence et je découvre les visages d’enfants au regard sombre mais rieur et surtout inquisiteur concernant ma présence (comme il est vrai avec tout les gens de ce pays). Je découvre également les différents villages ou habitent les enfants, pauvre, certes mais riche en couleurs.

Le matin je suis à Marica School Kesaram et l’après-midi, je pars avec l’une des maîtresses à Chengomul, un village reculé ou une des institutrices de Marica donne des cours d’anglais dans deux écoles gouvernementales. J’ai été frappé par cette différence de niveau entre Marica et les écoles gouvernementales. Je prends des dizaines puis des centaines de photos, des enfants d’abord, de la population locale et de l’environnement. Certains jours, je n’y arrive plus, un trop plein d’images sans doute (la fatigue et la chaleur n’aidant en rien) et le sentiment de me placer en tant que voyeuriste, bien que la plupart des Indiens aiment qu’on les prennent en photo !

 

Le contact avec les enfants se fait sans problèmes. C’est simple, ils vous donnent tout. Vous pensez que vous êtes là pour les aider, finalement c’est finalement l’inverse qui se passe et, bien que j’ai  pu aider sur un plan scolaire,  contre toute attente c’est eux qui vous donne le plus. Quoi que j’ai ressenti une différence entre les écoles de Marica Kesaram et les écoles de la ville (Marica DKK et Tolichowki) certainement dû à une différence de milieu social (et de caste ?) les enfants sont moins curieux, attentionnés et beaucoup moins dans le cataclysme affectif que j’ai pu ressentir avec les enfants de Marica Kesaram mais également dans les écoles de Changomul et au village de Chevella.

 

Quant à la population locale et au village, c’est une sensation étrange. On ne sait jamais si l’on fait les bons gestes, si l’on dit les bons mots car tout nous est étranger ici. Les premiers jours ça a été très difficile, j’étais stressé pour faire au mieux puis au fur et à mesure de mon voyage à Chevella, j’ai compris que la seule chose que l’on pouvait faire concernant la population c’est laisser aller car c’est eux qui vous acceptent ou non, pour des raisons inconnues donc vous ne pouvez que lâcher prise et répondre avec un large sourire aux milles questions « where do you come from ? » car c’est finalement en lâchant prise que tout arrive, tout se passe. C’est une population très intuitive et instinctive, si vous êtes stressé, en colère ou fatigué, ils le sentent et ne font qu’accentuer ce côté. Pour cela, il m’a fallut marcher moi-même à l’instinct.

 

Puis, la rencontre avec Marie-Christine m’a également marqué lors de mon voyage. C’est une force de la nature, un caractère, une volonté de fer qui ne laisse personne se placer en travers de son chemin. Elle a un but, veut y arriver et y arrivera quoi qu’il arrive. Je suis restée admirative de cette « big Madam » comme il l’appelle localement. Elle aussi m’a donné une leçon de vie, différente de celle que m’on apporté les enfants et la population, ça ne n’en a pas moins touché. Marie-Christine n’a peur de rien ni personne, elle fonce, pour les enfants. ça laisse sans voix !

 

Après trois semaines et demi passé au sein de Marica, le projet photo finalisé, il était l’heure de repartir. Et ici un autre voyage m’attendait ; celui du retour dans un monde aseptisé ; sans vie ni couleurs ni odeurs. Je n’ai subi aucun choc culturel en Inde (on en parle beaucoup concernant les voyageurs occidentaux) mais pour le retour, c’était une autre histoire ! Crise d’angoisse à l’aéroport, l’odeur du « propre » me paraissait masqué les odeurs naturels et j’avais l’impression d’avoir un filtre gris devant les yeux.

Alors que les gens vous accueille avec un grand sourire « Tu as survécu ! » ma première pensée fut : « il faut que j’y retourne » parce que oui, j’ai « survécu » à l’Inde, (je l’ai même très bien vécu) mais je n’étais pas sûr de survivre au monde que j’avais quitté il y avait un mois de ça..

 

Cette aventure reste très personnelle, comme tout voyage mais il me semble que l’Inde s’imprègne en nous, qu’on l veuille ou non. C’est un cataclysme affectif qui m’a mise et remise en face à moi-même ou peut-être plutôt à l’enfant que je fus avec ses failles et ses qualités car le pays m’a poussé à cela. L’environnement, la population m’a poussé dans mes limites et même bien au-delà. Ce qui me manque le plus aujourd’hui c’est la vie qui vous explose à la figure là-bas, à chaque coin de rue.

 

J’aimerais beaucoup refaire cette expérience, pour les enfants mais aussi tout ce que l’Inde a put m’apporter et pour revoir Marie-Christine, pour la suivre dans son projet."


Deborah , bénévole à Marica



Mon séjour en Inde et à Marica
du 6 août au 1er septembre 2016

© Marica School 2016					Crédits Photographiques : les visiteurs de Marica	 Tous droits réservés				      	Mentions légales  - plan du site

marica-FR-2017-02-02.wpp  – 04/02/2017 10:03:22